Pharaon : A New Era, le city-builder qui a envoûté deux générations
1999. J'ai autour de 16 ans, et un jeu vient de s'installer sur mon PC. En quelques heures, il m'avale complètement. Pharaon n'est pas juste un city-builder de plus : c'est une plongée totale dans l'Égypte ancienne, ses dynasties, ses dieux capricieux, ses crues du Nil, ses armées qui déboulent sur ta carte quand tu t'y attends le moins. Des heures et des heures passées à construire, gérer, survivre, recommencer. Quelque chose qui m'a vraiment marqué à l'époque, c'est que mon père y jouait aussi. Je me rappelle encore de lui me parlant du Pharaon qui n'était "pas content" et qui menaçait de détruire sa base. Il se régalait autant que moi. Ce jeu avait ce truc rare : toucher plusieurs générations à la fois. Vingt-cinq ans plus tard, Pharaoh : A New Era est sorti. Et j'avais une question simple : est-ce qu'ils ont réussi à garder cette magie ?
Ce qu'est Pharaoh : A New Era
Pharaoh : A New Era est le remake complet du jeu de stratégie et de gestion sorti en 1999 par Impressions Games et Sierra Entertainment. C'est le studio français Triskell Interactive, avec l'éditeur Dotemu, qui a pris en charge le développement. Le jeu est sorti en février 2023, après plusieurs années de développement suivies de très près par la communauté des fans de l'original. Il est disponible sur PC via Steam et GOG.
Le principe reste identique à l'original : on bâtit et on gère des cités égyptiennes à travers une campagne de plus de 100 heures couvrant plusieurs dynasties pharaoniques. Logement de la population, production agricole, commerce fluvial, relations diplomatiques avec les autres cités, apaisement des dieux... et défense militaire. Le tout en jonglant avec des ressources qui ne tiennent qu'à un fil dès que la crue du Nil tarde à venir.
💾 L'original Pharaon de 1999 avait aussi une extension : Reine du Nil. Mon père et moi avions continué les campagnes dessus après avoir terminé le jeu de base. Je ne sais toujours pas lequel de nous deux est allé le plus loin. Il m'avait déjà fait le même coup sur Age of Empires I...
Le choc visuel : de 1024x768 au 16/9 moderne
Ce que le passage en haute résolution change vraiment
L'original tournait en 1024x768, format 4:3, avec des sprites assez figés dans leur époque. Aujourd'hui, Pharaoh : A New Era tourne en plein écran natif 16/9, à toutes les résolutions modernes. C'est la première chose qu'on ressent en lançant le jeu : on voit beaucoup plus de carte, l'interface respire, et les bâtiments ont une présence visuelle qu'on n'avait jamais eu sur l'original.
Les graphismes ont été entièrement refaits. Au premier coup d'œil, le lissage saute aux yeux : les mouvements des unités sont très fluides, les contours des bâtiments sont nets et propres. Certains puristes ont trouvé que ça cassait le "grain" de l'original. Personnellement, cette impression passe très vite, et on s'aperçoit que le travail est vraiment bien fait. Les bâtiments sont magnifiques, les détails des temples, des entrepôts et des quartiers résidentiels ont été retravaillés avec soin. Quelques éléments ont changé de forme, certains jardins par exemple ne ressemblent plus tout à fait à ceux d'avant, mais c'est très limité et ça n'affecte en rien l'expérience.
Le détail qui m'a le plus surpris et que je n'ai vu mentionné nulle part : les ombres des nuages qui passent sur la carte. En jouant, on voit les zones de la cité alterner entre plein soleil et légère pénombre au fil du temps, selon le passage des nuages au-dessus. C'est subtil, mais ça donne une vie à la carte qu'on ne soupçonnait pas. On sent le temps passer. C'est une idée vraiment très bien pensée.
La gestion : toujours aussi complète et prenante
Ressources, commerce et dieux : l'équilibre fragile d'une cité égyptienne
Ce qui a toujours fait la force de Pharaon, c'est la profondeur de sa gestion. On voit à l'œil nu ses stocks dans les entrepôts, avec les flux entrants et sortants qui s'ajustent en temps réel. Un coup d'œil suffit pour savoir si la cité produit suffisamment, si les routes d'approvisionnement fonctionnent, si les marchands arrivent bien sur les quais du Nil. Et quand on veut aller plus loin, la page commerce affiche tous les chiffres : ce qu'on achète, ce qu'on vend, à quels prix, avec quelles cités partenaires. C'est extrêmement lisible, et cette clarté est l'une des raisons pour lesquelles on peut rester des heures sans s'en apercevoir.
Et puis il y a les dieux. Apprivoiser Osiris, Bastet, Ptah ou Ra n'était pas facultatif dans l'original, et ça ne l'est pas davantage dans A New Era. Il faut construire leurs temples, organiser des fêtes sur la place des célébrations, leur témoigner un respect constant. En retour, ils peuvent accorder des crues plus fertiles, des bonus au combat, ou faire apparaître des cadeaux dans les entrepôts. Mais si on les oublie, les représailles ne tardent pas : sécheresse, bâtiments qui s'enflamment, batailles qui tournent mal. Cette mécanique divine ajoute une couche de tension permanente à la gestion, et elle est parfaitement préservée dans le remake.
Les relations diplomatiques avec les autres cités d'Égypte et avec le Pharaon lui-même comptent aussi. Entretenir ces liens par des échanges commerciaux réguliers et des tributs ponctuels, c'est souvent ce qui fait la différence entre une cité qui tient bon face à une attaque et une cité qui se retrouve seule contre tous.
🕹️ Le saviez-vous ? Pharaoh : A New Era propose plus de 100 heures de campagne, couvrant six périodes distinctes de l'Égypte ancienne, de l'Ancien Empire jusqu'à l'époque ptolémaïque. Triskell Interactive a recodé le jeu entièrement en repartant de zéro, sans se contenter de porter le code original.
Le système de combat : la vraie transformation du remake
Avant : l'armée ennemie qui envahissait ta ville en direct
Dans l'original, quand une armée ennemie attaquait, c'était du direct. On les voyait débarquer littéralement sur la carte, avancer dans les rues, tuer les habitants sur leur passage, provoquer des incendies, détruire des bâtiments. C'était à nous de les intercepter avec nos troupes (et nos policiers), de les rencontrer au milieu de la ville si on n'avait pas anticipé, ou de les bloquer à l'extérieur si on s'était bien préparé. Les murailles servaient de première ligne de défense, les archers tiraient depuis les remparts. Et parfois, par chance, l'armée ennemie apparaissait d'un côté du Nil qu'on n'avait pas encore colonisé : ils ne pouvaient rien faire et repartaient bredouilles. C'était vivant, imprévisible, et ça créait des moments de vraie tension.
Maintenant : la bataille simulée en pop-up
Dans A New Era, ce système a complètement changé. Quand une attaque se déroule, une fenêtre pop-up s'ouvre : on voit ses troupes et celles de l'ennemi s'avancer l'une vers l'autre, et le résultat de la bataille est résolu immédiatement. Plus d'envahisseurs sur la carte, plus de micro-management des unités, plus de ces moments où on court en tous sens pour sauver un quartier en feu.
C'est le seul point vraiment noir du remake à mes yeux. Cette mécanique de combat en direct faisait partie de l'identité du jeu. Les développeurs ont expliqué sur le Discord que recréer ce système en partant d'un code entièrement nouveau s'était avéré trop complexe techniquement. C'est une explication honnête, et ça ne rend pas le jeu mauvais pour autant. Pour compenser, ils ont ajouté des structures défensives à placer dans la cité : des bâtiments qui protègent certains quartiers lors des attaques. Si on perd un combat, les quartiers ainsi sécurisés subissent moins de dégâts que les zones non protégées, en fonction de l'ampleur de la défaite. C'est une mécanique différente, moins visuelle, mais qui oblige à anticiper et à planifier l'organisation urbaine différemment.
⚠️ Si vous venez de l'original et que le combat en temps réel sur la carte était votre moment préféré, il faut le savoir en avance : cette dimension a disparu. Ce n'est pas rédhibitoire, mais c'est le changement le plus significatif du remake.
Ce que la communauté a obtenu, et ce qu'elle n'a pas eu
Des développeurs qui ont écouté
J'ai suivi le développement depuis le Discord officiel, et j'ai vu les débats se dérouler en temps réel. Le point qui a le plus fait rouspéter la communauté au lancement, c'est l'absence de minimap en bas de l'écran. C'est un outil tellement fondamental dans ce type de jeu que son absence était vraiment gênante pour gérer les grandes cités. Les joueurs ont fait remonter l'information clairement, et les développeurs ont fini par l'intégrer via un patch. Ce genre de retour pris en compte rapidement, ça en dit beaucoup sur l'état d'esprit de l'équipe.
Autre changement notable : on ne peut plus faire pivoter la caméra par angles de 90 degrés comme dans l'original. Pour compenser, deux fonctions ont été ajoutées. Un bouton "flat" qui fait disparaître tous les bâtiments en gardant leur empreinte au sol, ce qui aide énormément pour tracer des routes ou réorganiser un quartier déjà dense. Et la possibilité de faire pivoter les bâtiments avant de les placer, ce qui n'existait pas dans l'original. Ce ne sont pas des remplacements parfaits, mais ce sont des solutions pratiques qui finissent par s'intégrer naturellement dans la façon de jouer.
Le jeu est sorti en février 2023, et il y a à peine quinze jours, un nouveau patch de correctifs était encore déployé. Trois ans après la sortie, l'équipe continue d'affiner le jeu. La communauté n'a pas eu l'impression d'être abandonnée ou ignorée. C'est rare, et ça mérite d'être dit.
Les musiques : nostalgie contre modernité
Les musiques ont été entièrement réenregistrées. Elles sont très bien faites, dans le même esprit que les originales, avec des arrangements orchestraux soignés. Mais honnêtement, il m'est arrivé plusieurs fois de les désactiver en jeu et de lancer une playlist YouTube des musiques originales par-dessus. Ces mélodies sont rentrées dans ma tête en 1999 et ne m'ont jamais quitté. Je les écoute encore parfois quand je travaille. Ce n'est pas un jugement sur les nouvelles compositions, elles sont vraiment bonnes. C'est juste que certains sons sont associés à des souvenirs tellement précis qu'aucune version remastérisée ne peut les remplacer dans ta tête. La nostalgie a ses propres règles.
Les musiques de Pharaon 1999 font partie de ces bandes-son qu'on n'oublie jamais. Probablement pas parce qu'elles sont les meilleures du monde, mais parce qu'elles accompagnent des centaines d'heures de jeu gravées dans la mémoire.
Le trailer officiel
Verdict et prix en 2026 : faut-il l'acheter ?
La réponse est oui. Pharaoh : A New Era est un feu vert complet. Le seul point vraiment regrettable reste le système de combat simulé, mais tout le reste est là : la profondeur de gestion, la richesse historique, les campagnes longues et progressivement exigeantes, les dieux imprévisibles, le commerce fluvial, les relations diplomatiques. Et par-dessus tout ça, une résolution moderne, un plein écran 16/9 propre, des graphismes refaits avec soin, et des développeurs qui ont continué à travailler sur leur jeu trois ans après sa sortie. En 2026, c'est exactement ce qu'on attend d'un remake.
💡 Où l'acheter :
Sur Steam : 9,88 € au lieu de 22,99 € (promotion jusqu'au 1er mai)
Sur GOG : 10,09 € au lieu de 22,99 € (promotion jusqu'au 30 avril)
À ce prix, il n'y a vraiment aucune hésitation à avoir.
FAQ
Pharaoh : A New Era est-il fidèle à l'original de 1999 ?
Dans l'ensemble, oui. La campagne, la gestion des ressources, les dieux, le commerce et les relations diplomatiques sont intégralement présents et fidèles à l'esprit de l'original. Le changement le plus significatif concerne le système de combat, qui n'est plus visible en temps réel sur la carte mais résolu via une fenêtre pop-up. Les musiques ont également été réenregistrées, avec un résultat de qualité mais différent des compositions originales.
Faut-il avoir joué à l'original pour apprécier Pharaoh : A New Era ?
Absolument pas. Le jeu est accessible aux nouveaux joueurs comme aux anciens. La campagne propose une progression pédagogique qui introduit les mécaniques progressivement. Pour les habitués de l'original, le remake offre le même plaisir de jeu avec le confort visuel et technique de 2026.
Pharaoh : A New Era est-il toujours mis à jour en 2026 ?
Oui. Triskell Interactive a continué à déployer des correctifs après la sortie de 2023, et un patch était encore disponible il y a quelques semaines. La communauté sur Discord reste active, et les développeurs ont montré depuis le début qu'ils écoutent les retours des joueurs.
Et vous, vous l'aviez fait à l'époque ? C'est quoi votre souvenir le plus fort du Pharaon original ? Les commentaires sont juste en dessous.
Retrouvez tous nos verdicts sur les remakes et remasters PC dans notre guide complet des remakes PC en 2026.
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