Retrouvées dans nos vieux cartons du grenier : Ces anecdotes qui ont fait l'histoire !
🏆 La parole est à nos Héros
Cet article a été choisi par vous ! Suite à notre récent sondage réservé aux contributeurs Tipeee, c'est le palier « Héros » qui a tranché. Parmi les trois thématiques proposées par LBC, vous avez choisi celle qui nous passionne : les anecdotes de la tech.
À travers ce dossier, nous avons voulu explorer ces moments "WTF" et ces génies un peu fous qui ont façonné notre culture numérique, du bois de pin aux trous noirs !
Ce que j'aime dans notre culture gaming, c'est qu'au détour d'une partie ou sur discord on tombe de temps en temps sur des spécimens sortis de nulle part, des génies venus d'ailleurs, des cerveaux en surchauffe qui n'ont peur de rien et qui ont laissé derrière eux des anecdotes aussi dingues qu'improbables. Si tu fais partie d'un Clan ou que tu te balades sur les jeux depuis un bon moment, nul doute que tu en ais toi aussi croisé.
J'ai fouillé dans les archives du Web et de ma mémoire de vieux routard pour vous dénicher cinq histoires croustillantes, créées par ces gars-là. Ne vous inquiétez pas, on en a gardé sous le coude, et d'autres viendront plus tard. On va voyager entre des virus joueurs qui vous forcent à jouer à la roulette, des découvertes spatiales qui ont fini dans vos box internet, et des présidents mélomanes qui ont dicté la taille de nos disques. Installez-vous confortablement, on commence par un "quitte ou double" qui aurait pu vous coûter très cher...
Le Virus Casino : Le "Quitte ou Double" de l'informatique
Apparu pour la première fois à Malte en 1991 (souvent associé au mois de janvier ou d'avril selon les variantes), le virus Casino s'attaquait au système d'exploitation MS-DOS. C'est un virus de type "résident" : une fois que tu lances un fichier infecté (souvent un .COM), il reste tapi dans la mémoire vive de ton PC.
Contrairement aux virus modernes qui cryptent tes fichiers, Casino commençait par faire une copie de ta FAT (File Allocation Table : en gros, le plan qui dit à l'ordinateur où sont rangés tes fichiers) dans sa propre mémoire. Puis, il supprimait la FAT originale de ton disque dur.
C'est là qu'il affichait son message mythique sur ton écran cathodique :
"I have just destroyed the FAT on your Disk !! However, I have a copy in my RAM, and I will give you a last chance to restore your precious data."
Les règles du jeu
L'utilisateur était forcé de jouer à une roulette. Les gains possibles étaient :
- 3 jetons victoire : Le virus, "bon joueur", restaurait la FAT et te disait de ne pas rallumer ton ordinateur avant le lendemain.
- 3 jetons défaite : Si tu perdais, le virus affichait un message cynique, te disant que tu venais de perdre tout le contenu de ton HDD ! (et c'était vrai !)
- 3 jetons « téléphone » : Si tu arrivais là-dessus, le virus te disait qu'il te punissait car tu avais essayé de localiser l'auteur du virus ! Et tchao à toutes tes données au passage !
- Tricherie : Si tu essayais de redémarrer le PC pendant la partie pour échapper au sort, tout était perdu car la copie dans la RAM s'évaporait.
Ce qui rend Casino fascinant, c'est son ambivalence. Le créateur a pris le temps de coder une fonction de restauration fonctionnelle. C'était une sorte de "leçon de sécurité" forcée. Il voulait tester ta chance, (5 essais) et peut être te permettre de t'en sortir.
Le saviez-vous ? À l'époque, certains experts en sécurité conseillaient de ne surtout pas redémarrer le PC si on voyait le message, car c'était techniquement le seul moment où vos fichiers existaient encore (dans la mémoire vive volatile). Il fallait gagner, ou c'était la fin.
Pourquoi votre CD (et vos jeux PC) font 12 cm ?
Si vous attrapez un CD ou un vieux jeu PC en boîte "Crystal Case", vous tenez entre vos mains le résultat d'un compromis entre mélomanie et coup bas industriel.
En 1980, Philips propose un disque de 11,5 cm (60 minutes). Mais Norio Ohga, le président de Sony et ancien chanteur d'opéra, tape du poing sur la table. Pour lui, il est inadmissible qu'un disque ne puisse pas contenir la 9e Symphonie de Beethoven. On raconte même que c'est sa femme qui a insisté pour que la version de 1951 dirigée par Furtwängler (la plus longue de l'époque avec 74 minutes) tienne sans coupure. Résultat : on pousse le diamètre à 12 cm.
Mais… en réalité, la guerre faisait rage. Philips avait déjà une usine prête pour le format 11,5 cm et aurait pris une avance colossale sur le marché. Sony, qui avait du retard sur la fabrication de ses lecteurs, ne voulait pas laisser Philips gagner si facilement. En imposant le format 12 cm sous prétexte de musique classique, Sony a forcé Philips à revoir sa chaîne de production, remettant les deux géants sur la même ligne de départ.
C'est typique de l'informatique : on nous vend une histoire d'amour pour l'art, alors que derrière, ce sont des ingénieurs et des managers qui se battent pour ne pas se faire manger par la concurrence. Mais au final, c'est Beethoven qui a gagné le droit d'être stocké sur un morceau de plastique argenté !
Le premier SMS de l'histoire (un Noël en avance)
Nous sommes le 3 décembre 1992, en Angleterre. À cette époque, le téléphone portable est encore un objet de luxe, souvent énorme, et il ne sert... qu'à téléphoner. Personne n'imagine taper du texte sur un clavier numérique.
Neil Papworth, un ingénieur de 22 ans travaillant pour Sema Group (un prestataire de l'opérateur Vodafone), est en train de tester un nouveau système de messagerie. Comme les téléphones de l'époque n'ont pas de clavier alphabétique, il utilise son ordinateur de bureau pour taper le message.
Il l'envoie à Richard Jarvis, un directeur de Vodafone, qui se trouve alors à une fête de Noël de l'entreprise. Jarvis reçoit le message sur son Orbitel 901, un "téléphone" qui ressemble plus à une mallette de 2 kg qu'à un smartphone.
Le message est simple, sobre et de saison : "Merry Christmas" (Joyeux Noël). Jarvis ne peut pas répondre (car le téléphone n'était pas conçu pour taper du texte), mais l'essai est concluant.
Ce qui est fou, c'est que Neil Papworth a déclaré plus tard qu'il n'avait absolument pas conscience de l'aspect historique du moment. Pour lui, c'était juste un test technique de routine.
- Après cet envoi, le SMS a mis des années à décoller. Les opérateurs pensaient que les gens n'auraient jamais envie de s'embêter à taper des messages alors qu'ils pouvaient appeler.
- La limite des 160 caractères a été fixée par un autre ingénieur, Friedhelm Hillebrand, qui a compté le nombre de caractères sur des cartes postales moyennes pour définir la taille "idéale" d'un message court.
Le saviez-vous ? En décembre 2021, ce tout premier SMS a été vendu aux enchères sous forme de NFT pour la somme de 107 000 euros. Un prix élevé pour deux mots tapés sur un PC en 1992 !
Le Wi-Fi est né dans le vide intersidéral
Dans les années 70 et 80, le Dr John O'Sullivan, un ingénieur radio-astronome australien, travaille sur une mission complexe : détecter les signaux radio provenant de trous noirs en train de s'évaporer (une théorie de Stephen Hawking). Le problème ? Ces signaux sont incroyablement faibles et arrivent sur Terre totalement déformés par les gaz et les poussières de l'espace.
Pour nettoyer ces signaux, O'Sullivan et son équipe du CSIRO (l'agence scientifique nationale australienne) inventent un algorithme mathématique capable de trier les ondes radio rebondissant partout pour retrouver l'information d'origine. Malheureusement, ils ne trouvent pas leurs trous noirs. L'expérience est un échec... mais l'outil mathématique, lui, est un bijou.
La révélation
En 1992, l'équipe cherche une application concrète pour leur invention. À l'époque, on essaie désespérément de créer des réseaux sans fil dans les bureaux. Mais ça ne marche pas : les ondes radio rebondissent sur les murs, les meubles et les plafonds, créant des échos qui brouillent tout (exactement comme les poussières de l'espace pour les trous noirs !).
O'Sullivan ressort alors son algorithme "spatial". Il l'applique aux transmissions locales : l'algorithme parvient à filtrer les échos et à stabiliser le signal. Le Wi-Fi moderne était né.
C'est le paradoxe ultime de la science : on a utilisé la technologie conçue pour écouter le cri de mort des trous noirs pour nous permettre de regarder des vidéos de chats sur YouTube sans câble.
- Jackpot : Le CSIRO a déposé le brevet sur cette technologie de "nettoyage de signal". Résultat ? Presque chaque fabricant de PC et de smartphones (Apple, Intel, Dell, etc.) a dû verser des royalties à l'agence australienne. On parle de plus de 430 millions de dollars de gains.
- Sans cette tentative "ratée" d'étudier l'espace profond, on serait peut-être encore tous en train de se prendre les pieds dans des câbles Ethernet.
Le saviez-vous ? John O'Sullivan a avoué que si on lui avait donné un budget spécifique pour "inventer le Wi-Fi", il ne l'aurait probablement jamais trouvé. Il fallait d'abord avoir la tête dans les étoiles pour résoudre un problème de bureau.
Quand l'informatique poussait sur les arbres
La Souris de Douglas Engelbart (1964)
La toute première souris de l'histoire, présentée lors de ce qu'on appelle aujourd'hui "La mère de toutes les démonstrations", n'avait rien d'un objet ergonomique. Conçue par Douglas Engelbart, c'était un bloc de bois de pin sculpté, avec un seul bouton rouge sur le dessus et un câble qui sortait... par l'arrière (ce qui lui donnait cet air de rongeur, d'où son nom).
- À l'intérieur, pas de laser ni de boule en caoutchouc, mais deux roues métalliques perpendiculaires qui coupaient des faisceaux lumineux pour calculer les axes X et Y.
- Engelbart ne l'avait pas conçue pour le grand public, mais pour naviguer dans des hyperliens (oui, il a aussi inventé le concept de lien cliquable en 1968 !).
L'Apple I de Steve Wozniak (1976)
Si vous imaginez l'Apple I comme un Mac brillant, détrompez-vous. Au départ, Wozniak vendait juste la carte mère nue. C'est l'utilisateur qui devait fabriquer son propre boîtier.
- Pour les premières unités vendues par le Byte Shop, c'est un ami de Jobs et Wozniak qui a fabriqué des boîtiers en bois de Koa (un bois rare d'Hawaï).
- À l'époque, le plastique moulé coûtait une fortune. Le bois était le matériau le plus simple à travailler pour transformer un tas de composants électroniques en un objet qui ressemble à un ordinateur de bureau.
Il y a quelque chose de très émouvant à se dire que les fondations de notre monde ultra-numérique ont été posées avec des matériaux aussi organiques que le bois.
C'est là qu'on reconnaît les vrais passionnés, ces "cramés" qui ne s'arrêtaient pas parce qu'ils n'avaient pas les bons matériaux. Ils voulaient que ça marche, point final. Aujourd'hui, un Apple I original dans son boîtier en bois peut se vendre plus de 500 000 dollars aux enchères. Pas mal pour une boîte à cigares améliorée !
Et si tu as des anecdotes tech qui t'ont marqué, n'hésite pas à en parler dans les commentaires, juste en dessous !
