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Assassin's Creed Black Flag Resynced : n'achetez pas ce jeu maintenant, voilà pourquoi

Je vais me faire des ennemis avec cet article. Tant pis. Il y a des sujets sur lesquels je ne suis plus capable de fermer les yeux, et le lancement de Black Flag Resynced en fait clairement partie.

Je suis le rédacteur de LittleBigCampus, joueur depuis plus de vingt ans, et Assassin's Creed IV Black Flag fait partie des jeux qui m'ont le plus marqué sur cette génération. Alors quand Ubisoft a annoncé son retour, j'étais comme beaucoup d'entre vous : impatient, presque excité à l'idée de reprendre la mer avec Edward Kenway. Et puis j'ai regardé ce qui se passait vraiment derrière le trailer. Voici pourquoi je vous dis, sans détour : n'achetez pas ce jeu maintenant.

🕹️ En bref : jeu de base à 60 €, déjà 85 € de DLC day one disponibles, cinématiques bloquées à 30 fps au lancement, et plus de 50 salariés d'Ubisoft Barcelone licenciés le jour même de la sortie. Mon avis : patientez avant d'acheter.


Black Flag, le jeu qui n'avait besoin de rien d'autre

Remettons les choses dans leur contexte, parce que c'est important pour comprendre pourquoi ce lancement fait aussi mal. Le Black Flag original, c'était ce jeu capable de vous faire complètement oublier la quête principale pendant des heures. Vous partiez explorer une île paumée, vous tombiez sur une épave à moitié engloutie, vous décidiez d'améliorer le Jackdaw avant de repartir chasser un galion espagnol au coucher du soleil, équipage en train de chanter derrière vous. Liberté totale, écriture solide, mise en scène grandiose, combats navals qui n'ont toujours pas pris une ride. Un "banger", comme on dit aujourd'hui. Et on est des centaines de milliers à l'avoir vécu exactement comme ça.

Alors oui, sur le papier, un remake avec une refonte graphique complète et des standards technique 2026, ça donne clairement envie d'y croire.

Le souci, ce n'est pas le jeu en lui-même. Les premiers retours presse sont d'ailleurs plutôt positifs, la refonte visuelle est réelle, les Caraïbes sont toujours aussi belles, voire davantage. Le problème, c'est Ubisoft, et la manière dont l'éditeur traite ses joueurs le jour même de la sortie.


60 € le jeu, 85 € de DLC day one : la douille est déjà là

Voilà où ça coince, très concrètement. Le jeu de base est vendu 60 €. Jusque-là, rien d'anormal, on reste dans les standards de l'industrie. Sauf que dès le lancement, la boutique intégrée affiche déjà pour 85 € de contenus additionnels facultatifs. Faites le calcul : c'est plus cher que le jeu lui-même.

Dans le détail, on retrouve des packs de personnalisation pour Edward Kenway et pour le Jackdaw à 10 € l'unité ("Maître Assassin", "Feu de l'Enfer", "Serpent de Mer", "Tempête Draconique"), et un pack de cartes à 5 € qui révèle automatiquement l'emplacement de tous les objets à collectionner. Vous saisissez l'idée : on vous vend le droit de ne pas jouer au jeu.

💬 On vous vend le droit de ne pas jouer au jeu.

Les joueurs qui ont craqué pour l'édition Deluxe en pensant obtenir l'expérience complète se retrouvent immédiatement face à ce mur de contenus payants. Sans surprise, la page Steam du jeu s'est enflammée, et Ubisoft a dû réagir publiquement pour rappeler que tous ces packs sont "entièrement facultatifs" et que l'édition standard propose "l'expérience complète et intégrale".

Techniquement, l'éditeur n'a pas tort. Vous pouvez terminer le jeu sans dépenser un centime de plus. Mais ce n'est pas la question, et il ne faut pas prendre les joueurs pour des imbéciles non plus. Le problème n'a jamais été de savoir si ces contenus étaient obligatoires. Le problème, c'est le message envoyé : vous venez à peine d'acheter un jeu au prix fort qu'on vous fait déjà comprendre qu'il reste une montagne de choses à acheter. C'est devenu tellement banal qu'une partie des joueurs ne s'en étonne même plus, et c'est peut-être ça le plus inquiétant dans toute cette histoire.


Un lancement technique bancal, sur fond de licenciements

Les microtransactions ne sont malheureusement pas le seul point noir de ce lancement. Les cinématiques du jeu sont bloquées à 30 fps à cause d'un problème technique, et Ubisoft a dû proposer un contournement temporaire en attendant un correctif. En 2026, sur un remaster censé justifier son prix par une mise à niveau technique, ça passe mal. Ajoutez à ça des doublages jugés en dessous du niveau attendu, et vous obtenez une refonte qui donne surtout l'impression d'avoir été terminée à l'arrache.

Et puis il y a l'ombre qui plane sur tout ce lancement commercial : plus de 50 salariés du studio Ubisoft Barcelone, qui a activement participé au développement de ce remake, ont été licenciés juste avant sa sortie. Pendant qu'Ubisoft communique et célèbre le succès commercial de Black Flag Resynced, une partie des personnes qui l'ont concrètement fabriqué regarde ça depuis la sortie.

Ce contexte s'inscrit dans une trajectoire plus large et beaucoup moins reluisante : une action Ubisoft qui est passée d'environ 80 € en 2021 à environ 4 € en mai 2026, des accusations de harcèlement moral et d'agressions sexuelles visant certains cadres, des dysfonctionnements RH documentés, des grèves, des jeux annulés. Ce n'est pas moi qui invente cette liste, elle est publique et elle s'allonge depuis des années.

⚠️ En six ans, l'action Ubisoft est passée d'environ 80 € à environ 5 €. Le même jour que le lancement de Black Flag Resynced, plus de 50 personnes du studio qui a travaillé sur le jeu se sont retrouvées sans emploi.


Ubisoft teste en permanence jusqu'où vous êtes prêts à aller

Ce qui me dérange le plus aujourd'hui, ce n'est même plus la simple présence de microtransactions. D'autres éditeurs en proposent aussi. Ce qui me dérange, c'est la sensation que la limite recule un peu plus à chaque sortie. Une édition Deluxe, puis une boutique intégrée. Une boutique, puis des packs supplémentaires. Des packs, puis des contenus qui n'étaient évidemment pas inclus dans l'édition censée être "la plus complète".

Et à chaque sortie, le schéma se répète : les joueurs s'indignent une semaine sur les réseaux, puis passent quand même à la caisse. Soyons honnêtes, si ce modèle économique continue d'exister, ce n'est pas grâce aux communiqués de presse qui le justifient. C'est grâce aux cartes bancaires qui le financent. Le marketing a fait le job : des ventes massives en quelques jours, une hype qui a parfaitement fonctionné, pendant que le fond du problème reste entier.


Mon avis

Je vais aller au bout de ma pensée, quitte à me prendre un shitstorm en commentaires. Aujourd'hui, j'ai vraiment du mal à comprendre une partie des joueurs. Soit ils ne sont pas informés de tout ce qui se passe en coulisses chez Ubisoft, soit ils s'en moquent complètement. Je pense surtout qu'une bonne partie d'entre eux n'a toujours pas compris à qui elle a affaire.

Ce n'est pas de l'acharnement gratuit. Ubisoft a produit des jeux de légende. Mais l'entreprise qu'elle est devenue aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec celle qui a créé le Black Flag original. Star Wars Battlefront II et son système de microtransactions aurait dû servir de leçon. Visiblement non, puisqu'on se retrouve avec le même schéma, en pire, sur un remaster d'un jeu qu'on adorait déjà.

Acheter un jeu, ce n'est jamais un geste neutre. C'est aussi un vote. Acheter Day One dans ces conditions, c'est dire à l'éditeur : "continuez comme ça, ça fonctionne." Je refuse d'envoyer ce message, précisément parce que j'ai adoré le jeu original. C'est même pour ça que je refuse de cautionner cette version.

💬 Acheter un jeu, ce n'est jamais un geste neutre. C'est aussi un vote.

Pour résumer ma position sans détour : c'est mort pour moi, en tout cas pour le moment. J'ai toujours l'ancien Black Flag si l'envie me prend de reprendre la mer, et il tient encore parfaitement la route aujourd'hui. Je repasserai peut-être à la caisse plus tard, à moitié prix, autour de 15-20 €. Pas avant. Si vous voulez creuser le sujet des remasters qui, eux, valent vraiment le détour, j'ai justement écrit un guide complet sur les remakes et remasters PC à surveiller ou à éviter en 2026, ça vaut le coup d'y jeter un œil avant votre prochain achat.

Au fond, cette histoire me rappelle une vieille réplique des Inconnus :

Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont. - Les Inconnus

Pendant des années, je trouvais cette phrase juste drôle. Aujourd'hui, en voyant certaines stratégies marketing fonctionner à plein régime malgré tout ce qu'on sait, j'ai surtout l'impression qu'elle n'a jamais été aussi juste.

Si vous partez quand même sur les mers des Caraïbes, bon jeu à vous, amusez-vous bien. Pour les autres, ne vous en faites pas : vous n'avez rien raté de capital. Et si vous voulez me dire que j'ai tort ou raison, les commentaires sont ouverts en dessous, ce sujet me tient à cœur et je répondrai à tout le monde.


FAQ

Faut-il acheter Assassin's Creed Black Flag Resynced dès sa sortie ?

Non, pas dans l'immédiat. Entre le prix des DLC day one, les soucis techniques encore présents et le contexte social autour du studio, mieux vaut attendre une baisse de prix significative ou de nouveaux correctifs avant d'investir.

Les DLC de Black Flag Resynced sont-ils obligatoires pour terminer le jeu ?

Non. Ubisoft l'a confirmé publiquement : l'édition standard propose l'intégralité de l'histoire et du contenu principal. Les packs à 85 € sont uniquement cosmétiques ou liés au confort de jeu.

Le remake est-il techniquement réussi ?

En partie. La refonte graphique est saluée par la presse, mais le jeu souffre au lancement d'un plafonnement à 30 fps sur les cinématiques et de doublages jugés en retrait, ce qui ternit l'expérience day one.

Le studio ayant développé le jeu a-t-il été touché par des licenciements ?

Oui. Plus de 50 employés du studio Ubisoft Barcelone, impliqué dans le développement du remake, ont été licenciés peu avant la sortie du jeu.


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Fondateur
Je fais partie de cette génération qui a vu naître les plus grandes sagas de la pop culture. Tombé dans la marmite en 1984, j'ai traversé les époques, des premiers pixels de l'Amstrad 464 aux séries 4K de Disney+. Fondateur et rédacteur pour Little Big Campus, j'allie mon expertise technique à mon amour pour les récits épiques et cette atmosphère inimitable des bonnes vieilles LAN. Bienvenue dans mon univers, où la passion pour le jeu vidéo et le cinéma ne connaît aucune limite de temps.

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