Le Xbox Games Showcase 2026 ressemblait plus à une vente aux enchères qu'à une présentation
On y a cru à fond. Les trailers du Xbox Games Showcase 2026 nous avaient mis des étoiles plein les yeux, et quelques jours plus tard la réalité du terrain vient tout gâcher. Asha Sharma, la patronne de Xbox, prépare ce qu'elle appelle poliment un « reset » de la marque. Sauf que sur le terrain, les journalistes les mieux informés parlent carrément de bain de sang, et plus les jours passent, plus ça sent le roussi. On pourrait même avoir droit à la plus grosse vague de licenciements de toute l'histoire du jeu vidéo.
« Comme la météorite qui a tué les dinosaures » : la mise en garde de George Broussard
C'est George Broussard, le créateur de Duke Nukem 3D himself, qui a mis le feu aux poudres avec un message sur X plutôt corsé. Il y parle d'une liste de studios Xbox menacés de fermeture qu'il dit avoir vue, mais qu'il refuse de poster. Et il enfonce le clou : si l'info est fondée, et elle viendrait d'une source interne, on serait face à la plus grosse vague de licenciements jamais vue dans le jeu vidéo. Xbox va rester impopulaire pendant très longtemps, et les dégâts vont se faire sentir aussi violemment que la météorite qui a rayé les dinosaures de la carte. Cerise sur le gâteau : il prévient aussi que les studios qui survivront ne seront pas épargnés par des coupes.
Et comme si ça ne suffisait pas, Tom Warren de The Verge a relayé l'alerte sur X en annonçant que les licenciements de la semaine prochaine allaient être brutaux.
next week's Xbox layoffs are gonna be brutal 😔 https://t.co/eVHgPh8pcm
— Tom Warren (@tomwarren) June 30, 2026
⚠️ Selon des sources internes citées en parallèle, Microsoft finaliserait ses décisions de licenciements chez Xbox ce mardi 30 juin, pour un démarrage des coupes dès lundi 6 juillet. Le timing n'a rien d'un hasard : la clôture de l'année fiscale tombe pile le 30 juin, et début juillet reste la fenêtre classique pour restructurer une fois les nouveaux budgets votés. Exactement le même scénario que l'an dernier, avec 9 000 postes supprimés en juillet 2025. À prendre toutefois avec des pincettes : cette info n'est pour l'instant pas confirmée officiellement, donc on la traite comme une rumeur en attendant mieux.
Undead Labs et State of Decay 3 dans le viseur
Six ans d'attente pour finir en monnaie d'échange
On patiente depuis six ans pour avoir des nouvelles concrètes de State of Decay 3. On a enfin eu du gameplay, une fenêtre de sortie pour 2027, et même une version PS5 confirmée. Sauf que tout ça pourrait n'avoir été qu'un bel emballage pour appâter un repreneur.
Selon GamesBeat, Microsoft chercherait activement à céder Undead Labs, le studio basé à Seattle. Le journaliste Jez Corden de Windows Central confirme que ça colle avec ses propres infos récupérées dans le week-end. Si aucun repreneur ne se manifeste, le jeu pourrait tout simplement passer à la trappe. Et le plus dégueulasse dans l'histoire, c'est que d'après Stephen Totilo de Game File, la direction du studio n'était peut-être même pas au courant que son propre projet servait d'appât pendant que le trailer tournait en boucle au showcase. On a vu le même coup avec Ninja Theory et Senua : Microsoft compterait s'en débarrasser tout en utilisant l'annonce du jeu pour faire grimper l'intérêt des investisseurs.
Jason Schreier, lui, reste plus prudent : il dit ne pas être sûr à 100 % qu'Undead Labs soit sur la sellette. Il ajoute en revanche que parmi les studios cités, certains pourraient racheter leur propre indépendance sous la direction de leurs dirigeants, et donc échapper à la fermeture pure et simple.
Une liste noire qui s'allonge bien au-delà des zombies
Des studios prestigieux mais déficitaires
L'inquiétude ne s'arrête pas à Undead Labs. Ninja Theory (Senua), Double Fine (Kiln), World's Edge (Age of Empires) et Compulsion Games (South of Midnight) seraient eux aussi en pourparlers avec Microsoft pour tenter de racheter leur propre indépendance et éviter la fermeture. Un analyste cité par IGN résume bien le problème : ces studios sont brillants sur le plan du prestige, mais catastrophiques sur le plan financier, faute de gros succès commercial ces dernières années.
Même les mastodontes comme Bethesda et Activision Blizzard ne sont pas à l'abri et devraient encaisser de sacrées coupes budgétaires. Et niveau symbole, Craig Duncan, le directeur de Xbox Game Studios, a déjà démissionné, ce qui n'a évidemment rien arrangé aux rumeurs de fermetures en cascade.
💾 On parle potentiellement de la plus grosse vague de licenciements de toute l'histoire du jeu vidéo. Pour donner une idée de l'ampleur, ça intervient un an seulement après le départ forcé de 9 000 personnes en juillet 2025, un séisme qui avait déjà enterré le projet Everwild de Rare et fermé le studio The Initiative.
La dure loi des chiffres : une marge bloquée à 3 %
Comment en arrive-t-on là ? Comme souvent, c'est une bête histoire de gros sous. La note interne d'Asha Sharma révèle une marge tombée à seulement 3 % pour la division gaming. En clair, hors rachat d'Activision Blizzard King, Microsoft a dépensé plus de 20 milliards de dollars en cinq ans en contenu, plateforme et subventions matérielles, pendant que le chiffre d'affaires annuel reculait d'un demi-milliard sur la même période. « À l'avenir, ça ne peut pas continuer », a tranché Mme Sharma elle-même.
Pour les comptables, le calcul est vite fait, même si ça brise le cœur des joueurs. La stratégie qui se dessine est radicale : accélérer le développement des valeurs sûres comme Halo, Fallout et The Elder Scrolls. Pour le reste, transformer Xbox en filiale à 100 %, créer une coentreprise avec d'autres partenaires, voire revendre carrément la marque, ne serait plus du tout tabou en interne, d'après The Information relayé par Reuters.
La riposte des salariés : le syndicat CWA monte au créneau
Évidemment, les employés ne comptent pas se laisser faire sans broncher. Le syndicat CWA, qui représente plus de 3 500 personnes chez Microsoft, a organisé une conférence de presse pour exiger l'ouverture immédiate de négociations, avec un message simple : « Nous en avons assez de payer pour les échecs des dirigeants. »
L'argent est là. La direction choisit simplement où il va et qui paie. Ce sont nos membres de la CWA qui génèrent les gains qui donnent de la valeur à Xbox.
C'est Frank Arce, vice-président de la CWA, qui a lâché ça, avant d'élargir le débat à un enjeu plus large encore : selon lui, c'est un combat pour l'avenir du mouvement ouvrier face à l'IA qui menace l'emploi dans toute la tech, alors que les dirigeants prennent des décisions unilatérales sans consulter les gens qui conçoivent réellement les jeux.
Morgan Goin, qui bosse chez ZeniMax Online et qui a déjà vu de près la fermeture d'Arkane Austin, tape dans le même sens : il y a un fossé énorme entre ce que Microsoft raconte publiquement et la façon dont les studios sont traités en interne. Pour elle, ce n'est pas qu'une affaire de studio isolé, c'est toute la boîte qui est concernée, et les salariés refusent d'être tenus dans l'ignorance pendant qu'on décide d'une restructuration qui les touche tous.
De son côté, Microsoft a réagi auprès d'IGN en assurant respecter le droit des salariés à s'exprimer et revendiquant une longue tradition de partenariat de bonne foi avec la CWA. Reste à voir si les actes suivront les mots. L'année fiscale du groupe se clôt aujourd'hui même, donc on devrait connaître l'ampleur des dégâts dans les tout prochains jours.
Et toi, tu y croyais encore à State of Decay 3 ? Dis-nous ce que tu en penses dans les commentaires, juste en dessous !
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